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Bezons avenir 
 

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Jeudi 17 Avril 2008

 

 

Que l’ Elysée s ’efforce d’asphyxier le Modem, de déstabiliser les derniers soutiens de son président et d’isoler celui-ci dans le champ politique ne fait aucun doute. On se souvient que Nicolas Sarkozy s’est personnellement impliqué dans la campagne municipale de Pau en se rendant lui-même dans cette ville et en apportant son soutien au maire sortant, dissident du PS,  pour mieux  empêcher François Bayrou d’accéder à la mairie. La note élyséenne évoquée par le journal " Le Monde" et dans laquelle des collaborateurs du chef de l’Etat font état de différentes pistes pour affaiblir François Bayrou est si réelle que l’ Elysée s ’interroge aujourd’hui sur la manière d’éviter à l’avenir ce genre de fuite ! François Bayrou est donc parfaitement fondé à dénoncer publiquement, à l’occasion d’une conférence de presse, une entreprise programmée de déstabilisation. De son point de vue, il est de bonne  méthode  de dramatiser et de dévoiler l’opération pour tenter de la désamorcer.

La chose est d’autant plus importante pour le président du Modem qu’il s’agit rien moins aujourd’hui que de sauvegarder le nerf de la guerre, autrement dit le patrimoine immobilier et financier de l’UDF sans lequel il pourrait difficilement faire à nouveau campagne présidentielle dans quatre ans.

Qu’il n’est pas été bien difficile de débaucher  hier les élus de l’UDF, aujourd’hui des élus du Modem n’est guère contestable non plus.

A quelques exceptions notables près, les députés sortants de l’UDF n’ont pas hésité un instant à se précipiter dans les bras de Nicolas Sarkozy et à se faire les supplétifs de l’UMP pour conserver leurs sièges. D’autres, depuis, comme Jean-Marie Cavada ont plus récemment quitté le navire Modem, appâtés par la perspective d’obtenir un strapontin ministériel. Michel Mercier, président du groupe UDF  au Sénat et trésorier du Modem, paraît céder à son tour à cette contagion. Sauver son siège de président du conseil général et sauvegarder la possibilité à venir d’une entrée au gouvernement semblent avoir eu raison de la fidélité du sénateur centriste.

    Ainsi est a nature humaine! Ésaü, déjà,  contre un plat de lentilles, vendit son droit d'aînesse à son frère cadet Jacob!

     

Que les pratiques autocratiques de François Bayrou aient contribué à décourager les meilleurs volontés est une réalité. L’ancien ministre de l’Economie,  Jean Arthuis ,  qui vient de quitter le Modem, se plaint depuis longtemps de cette gouvernance solitaire.

Que les choix d’alliances faits dans le désordre par les militants locaux du Modem, lors des élections municipales et visiblement non maîtrisés par un François Bayrou trop occupé par sa propre campagne à Pau, aient contribué à brouiller un peu plus la ligne stratégique du Modem et à dérouter l’opinion est également une évidence.

     Et pourtant… bien qu’il paraisse isolé, abandonné par la quasi totalité de ses grands élus,  placé dans une situation apparemment sans issue, François Bayrou ne doit pas être considéré comme politiquement mort. On aurait grand tort d’enterrer le président du Modem pour plusieurs raisons.

En premier lieu, parce que le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l’affaiblir, l’épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition.

Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d’une campagne présidentielle qui a porté sur son nom près de sept millions de voix. Il possède surtout la légitimé  de celui qui, à l’inverse de ses deux compétiteurs de la campagne présidentielle, s’est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet à la mesure des moyens réels du pays et compte tenu de sa situation financière délicate. Rendons à César ce qui revient à César! François  Bayrou avait annoncé que les engagements  inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient à la banqueroute. Les faits lui ont malheureusement donné raison.

Last but not the least, un bien pouvant sortir d’un mal, le Modem est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d’invention et d’innovation.

 

Enfin le Modem revendique une identité politique originale.

Il se veut libéral et social. Il refuse à la fois l’Etat à tout faire des socialistes et la remise en cause du modèle social français opérée par la droite.

Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l’UMP. 

Il a pris pour intitulé la démocratie et prône un mode de scrutin qui permette à l’ensemble des composantes et sensibilités politiques d’être représentées au parlement.

Il se targue de progressisme, adversaire de tous les conservatismes qu’ils soient de droite ou de gauche mais hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d’une nation. 

Toutefois François Bayrou ne saurait valoriser ces atouts dans l’avenir qu’à plusieurs conditions.

Il lui faut d’abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l’empêcher de pratiquer une direction plus collective de son mouvement. S’il n’y prend garde, il fera définitivement le vide autour de lui. Il importe au contraire qu’il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve.

 

    Il conviendrait, en second lieu, qu’il définît positivement son projet et non pas seulement, comme c’est le cas depuis des mois, qu'il le présentât  de manière purement négative. Il ne suffit pas de dire que l’originalité du Modem est de se vouloir  libre et affranchi de toute attache à la droite sarkozienne comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le projet de François Bayrou n’acquerra un minimum de vraisemblance et de crédibilité vis-à-vis de l’opinion que s’il  affiche clairement l’ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd’hui de l’utopie : devenir,  à terme, sur l’échiquier politique et au gré d’une élection présidentielle, le grand parti démocrate moderne progressiste qui serait l’alternative à la droite républicaine en lieu et place d’un parti socialiste prisonnier de son orthodoxie radicale, incapable de se renouveler et rongé par ses querelles de chapelles et de personnes.

 

     Un tel pari n’a quelque chance d’être gagné que s’il s’accompagne d’un travail d’analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels pour nourrir et décliner ce projet à tous les niveaux économiques, sociaux, diplomatiques et culturels. Ce qui suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d’attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant chacun dans leur domaine une pensée neuve et originale. Il n’a pas encore su le faire jusqu’à présent et ses prestations médiatiques comme ses interventions publiques ont souffert de ce manque de travail sérieux en amont.

 

    D’ici à 2012, le président du Modem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au parlement européen en 2009 puis  les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable d’autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle.

 

      Il est une vieille loi en politique : de même que la Roche Tarpéienne est proche du Capitole,  de même un acteur politique peut toujours rebondir et revenir au sommet aussi longtemps qu’il est vivant. Pour être aujourd’hui abandonné, isolé, déserté, blessé, voire moqué après avoir été applaudi durant des semaines à la même époque, l’an passé, François Bayrou n’est pas dépourvu pour autant de tout ressort et de tout atout.

     Touché, certes. Mais pas coulé !

 

Suite à l'article paru hier (mercredi 5 mars) dans le journal L'Humanité, repris par la suite sur de nombreux médias notamment sur Internet (Voir notre article précédent : Du rififi à la Mairie d'Argenteuil), Marie-Josée Cayzac, candidate de la gauche unie pour l'élection cantonale (PCF-PS-LO-écologistes), dénonce dans un communiqué le comportement du Conseiller général UMP-UVO sortant.


Voilà son communiqué :
"Suite aux révélations parues ce jour dans la presse nationale et départementale, je suis stupéfaite d’apprendre que Philippe MÉTÉZEAU, élu UMP, cumule ses indemnités de premier adjoint d’Argenteuil et de vice-président du Conseil général avec des prestations conséquentes versées par l’ASSEDIC. Alors qu’il déclarait le 8 février dernier sur les ondes de Radio Enghien avoir « décidé de démissionner » de son emploi de chercheur, il dissimulait en fait la vérité : un licenciement lui permettant de bénéficier judicieusement des largesses de l’ASSEDIC. A moins que le contraire ne soit démontré, il n’y a pourtant jamais eu, à ma connaissance, de plan social mis en œuvre à l’Institut Pasteur!

S’agit-il donc d’un licenciement « masqué » afin que cet élu puisse rentrer dans les critères d’indemnisation de l’ASSEDIC ? Au moment où tant de familles, notamment argenteuillaises, ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois, ces informations sont totalement immorales ! En tant que membre de la commission des affaires sociales du Conseil général du Val-d’Oise, il organise la chasse aux aides sociales en excluant des bénéficiaires du RMI. Comment peut-il, dès lors, lui-même bénéficier de prestations publiques en étant dispensé de recherche d’emploi, quand ses indemnités cumulées perçues en tant qu’élu atteignent un montant déjà très confortable ?

Comment peut-il décider de l’expulsion de locataires pauvres comme administrateur de l’office HLM Argenteuil-Bezons en étant lui-même cumulateur d’autant de ressources d’origine publique ? Pourquoi ces péchés par omission ? Comment celui qui se fait le chantre des valeurs morales peut-il concilier cette contradiction ? La politique de notre pays n’a que trop souffert de ces pratiques ! Monsieur MÉTÉZEAU ne donne pas l’image de la dignité requise dans les fonctions qui sont les siennes. En tant que candidate des forces de Gauche à Argenteuil et en tant que militante attachée aux valeurs sociales, j’invite les électrices et les électeurs du canton d’Argenteuil-Est à sanctionner sévèrement une telle attitude."

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Une Mère interpelle Sarkozy sur la discrimination mémorielle qu'il planifie pour les CM2

Bonjour à tous, Je vous sais ou imagine tous bien occupés en cette période d'activité professionelle ou étudiante, et de militantisme, mais je vous invite, à prendre le temps de lire (si ce n'est déjà fait) cette lettre d'une maman adressée à ce "président" de Sarkozy. Elle est à couper le souffle !.. Je vous laisse l'apprécier et surtout vous invite à la diffuser sans modération...Amicalement, Corinne.


Voici la lettre en question qui circule déjà sous forme de pétition :

Voila que, non satisfait de la glissade morale effectuée sur la peau de banane Guy Môquet qu’il s’était à lui-même étendue comme carpette, Mr Sarkozy prétend « faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».

Ma fille sera en CM2 en 2013. Elle porte en elle, de par la grâce de ses parents, la mémoire de ces milliers d’enfants, français et non français, qui au long de l’histoire humaine furent déportés, séparés des leurs, rendus orphelins, esclaves, choses sexuelles, assassinés…sur les 5 continents. Et qui le sont encore. Elle porte en elle la mémoire future de ces enfants violemment séparés de leurs parents ou familles, ici, maintenant, en France devant ses yeux de fillette de 4 ans. Elle porte en elle en tant que future femme, citoyenne, lionne au combat, la mémoire de tous ces enfants qu’elle aura vus déportés de son supposé pays de cocagne vers des univers où ils disparaissent, de tous ces enfants qui n’ont pas d’enfance, en Palestine, au Liban,... de tous ces enfants marchandés cyniquement, au nom de l’enfance, au Tchad, ailleurs…

Ma fille porte en elle tout ceci parce qu’elle est vivante. Parce qu’elle a un papa et une maman vivants auprès d’elle. Qui animent son âme autant qu’ils le peuvent de toute l’actualité de leurs combats, à sa mesure de petite fille, en lui apprenant qu’il n’y a pas de différence, entre un enfant blanc et un noir, entre un enfant juif, catholique, sikh, musulman, bouddhiste, que tout enfant a droit au bonheur d’être enfant, dans la douceur de sa famille, les câlins, le jeu, les apprentissages.

Ma fille porte en elle tout cela, et elle ne se verra pas confiée par l’école la mémoire de l’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah. Ce travail, qui m’est dévolu en tant que parent, et qu’il n’appartient pas à mon sens au Président de la République de choisir de faire à ma place, je l’élabore dans le respect de mon enfant, et de ce qu’est notre famille.

Il n’y a pas que la Shoah, Mr. le Président. Maints massacres furent perpétrés, maintes mémoires furent et sont encore blessées qu’il vous semble vain d’honorer, maints enfants furent déportés et assassinés, dont vous semblez faire si peu de cas, en d’autres temps tout aussi atroces que celui de la Shoah.

Quel est ce besoin que vous nous démontrez donc là, un besoin de repentance ? Ce mot que vous refusez à tout crin à ceux qui ne vous le demandent même pas, mais qui voudraient juste prononcer le mot de mémoire sans se faire éconduire ?

Qu’allez-vous donc faire dans cette galère ? Quel besoin de s’aplatir dans le vent d’une seule direction, sous les tapis du souvenir d’une seule victime ? Vous nous avez suffisament dit lorsque cela vous arrangeait que les enfants n’étaient pas comptables des fautes de leurs pères.

Ma fille ne se verra confier par vous la mémoire d’aucun enfant d’une seule confession, d’une seule déportation, d’un seul esclavage, d’un seul massacre.

Ma fille ne sera jamais l’objet de votre manipulation de l’histoire, de l’émotion, du drame humain au service de vos seuls biens et besoins personnels, politiques ou autres.

Elle ne croulera pas sous le poids de votre culpabilité ou de vos obédiences. Elle grandit libre dans sa connaissance de l’autre, des ses bonheurs et malheurs, grands et petits, auxquels nous désirons l’éveiller pour qu’elle puisse partager le poids, plus tard, avec ceux qui souffrent.

Mon enfant, nos enfants, grandissent à présent dans une France dont mes parents, humains généreux s’il en fut, auraient profondément honte . Si ma mère n’était pas morte, elle défilerait aujourd’hui du haut de ses 89 ans, pour vous faire savoir qu’il suffit.

Qu’il suffit de l’outrager.

Qu’il suffit de choisir dans les souffrances humaines celles qu’il vous agrée d’honorer et celles qu’il vous indiffère d’ignorer. Quand ce n’est pas celles qu’il vous arrange de rejeter dans de lointaines poubelles.

Qu’il suffit de gesticuler, justifiant toutes les exactions de la France dans l’Ailleurs en ne supportant pas que l’Ailleurs vienne vivre dans la France.

Qu’il suffit de faire la leçon à des enseignants sur ce qu’il convient de faire partager d’histoire à leurs élèves, alors qu’ils nous font tous les jours partager, à nous parents, la fin de l’histoire d’une éducation nationale que vous rendez exangue.

Qu’il suffit de tuer les familles, je pèse mes mots, en envoyant vos sbires arracher les portes, arracher les affaires personnelles, arracher les êtres de leur travail, arracher les hommes de leur famille, arracher les mères de leurs enfants, ce que vous faites tous les jours, ici, en France.

Quand vous offrirez de la France un autre spectacle aux yeux de nos enfants.

Quand vous cesserez de nous mettre en deuil chaque matin de l’une des qualités d’accueil, de soin, de solidarité, d’éducation, de liberté, d’égalité, de fraternité... qui devraient être la nature, l’essence, la colonne vertébrale de notre pays.

Quand vous vous préoccuperez, aussi, de ce qui se passe dans une salle de classe lorsque les maitresse malades ne sont pas remplacées, au collège lorsque les adultes si dévoués soient-ils à leur mission, n’y sont pas assez nombreux.

Quand vous proposerez à nos enfants la prise en considération de toutes les souffrances des humains à travers l’histoire, sans quantification, sans classification.

Quand vous nous aiderez véritablement à les construire dans le respect de l’autre sous les yeux d’une République exemplaire.

Quand vous tiendrez vos promesses de protéger tous les opprimés, toutes les femmes opprimées, tous les déshérités, tous les enfants déshérités...

Quand vous ferez véritablement preuve d’un courage révolutionnaire et visible en cessant les exactions, en ramenant vos chiens.

Quand vous serez capable de ne plus fabriquer visiblement et incessament un pathos bien ciblé, d’héroïsme ou de pitié, c’est tout comme, pour dissimuler la déconstruction de l’humain et de l’espoir que vous vous acharnez à promouvoir.

Quand vous serez ce que vous n’êtes pas, quand vous ne serez plus ce que vous êtes.

Je cesserai d’être en deuil de mon pays idéal.

Je cesserai de ne pouvoir plus lire les journaux et de pleurer chaque jour à la découverte des nouveaux nuages.

Un grand mal est toujours suivi d’un grand bien.

La citoyenneté profondément humaine, sincère, dévouée, invisible, muette pour l’instant, s’amplifie chaque jour qui passe avec son lot d’expulsés amis, de justes condamnés, ...

La réponse à votre action est dans cette résistance contre laquelle vous ne pouvez strictement rien.

La pensée et le coeur sont irréductibles.

Ma fille se construit, comme bien d’autres enfants, par la grâce d’adultes conscients de leur devoir d’ "êtres au monde" parmi d’autres "êtres au monde".

Ces enfants seront des adultes, nombreux et imperturbables, des lions, auxquels il incombera de développer à une échelle jamais vue les valeurs de beauté et de bonté de la vie, pêchées dans le meilleur de chacune de leurs origines, passées au tamis du métissage, cimentées entre elles par la liberté et l’empathie réunies.

Vous ne sauriez apprendre à mon enfant cela que je choisis de lui apprendre.

Son espoir et sa force sont entre les mains de son père et de sa mère.

Claire Aymes, le 14 février 2008

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L'Appel républicain de Marianne

Nous reproduisons ci-dessous un appel, publié dans Marianne, signé par douze personnalités de la droite, du centre, de l'écologie et de la gauche républicaine. A situation exceptionnelle, rassemblement inédit...


 


© Baya Kanane
© Baya Kanane
Il se passe de drôles de choses dans notre République. L'actuel Président avait bien promis la rupture. Rupture il y a, mais pas seulement telle qu'elle avait été annoncée.
Un gouvernement marginalisé, dont le travail s'avère pré-mâché par les conseillers du Prince. Rupture.
Un Président qui semble déserter la fonction, parlant tour à tour comme croyant ou comme laïc. Rupture.
Un Président qui veut mettre la politique en chiffres, comme s'il s'agissait de vendre des petits pois. Rupture.
Un Président qui entend diriger ses équipes comme un manager d'hypermarché, distribuant bons et mauvais points, primes ou sanctions. Rupture.
Un Président qui reste chef de parti et dont le domaine réservé est davantage la Mairie de Neuilly que la politique de défense. Rupture.
Un Président qui prétend substituer au débat contradictoire traditionnel entre majorité et opposition la mise en scène des divergences entre ses courtisans et ses ministres. Rupture.
Un Président qui affirme devoir être heureux pour gouverner le pays. Rupture.
Un Président qui annule ses rendez vous du soir et du matin pour vivre pleinement son couple. Rupture.

La liste est longue des stupéfiantes innovations, que, volontairement ou involontairement, Nicolas Sarkozy a introduit dans la politique présidentielle. Ce nouveau cours suscite donc des inquiétudes, une anxiété même. C'est cette anxiété, qui risque bien de s'amplifier dans les semaines et les mois à venir, que traduit l'appel républicain de douze hommes et femmes politiques que nous reproduisons ci-dessous. On ne doit pas se tromper sur sa signification : si des personnalités politiques de premier plan qui ont l'habitude de s'affronter sur la scène public depuis des années, prennent le risque de s'afficher au bas d'un même texte à quelques jours d'un scrutin dont le président lui a annoncé qu'il serait politique, si cet appel a recueilli la signature de plusieurs hommes et femmes politiques de la droite républicaine, c'est bien que le contexte politique créé par huit mois de sarkozysme est totalement inédit.
A lire. A méditer.
Avant d'agir ?


Pour une vigilance républicaine


Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.



- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.

- Leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante, gage de la paix civile.

- Leur attachement à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information.

- Leur attachement aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.



Au-delà de leurs divergences, les soussignés tiennent à rappeler leur engagement à défendre, séparément ou ensemble, ces impératifs, comme toujours cela fut fait au cours de l'Histoire de la République.

Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du Général de Gaulle
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre
Ségolène Royal, ancien ministre, Présidente de la région Poitou-Charentes
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre
Corinne Lepage, ancienne ministre
Nicolas Dupont-AIgnan, député de l'Essonne
Bertrand Delanoë, maire de Paris
Maurice Leroy, député de Loir-et-Cher
Nöel Mamère, député de la Gironde
Jean-Christophe Lagarde, député de la Seine-Saint-Denis
Marielle de Sarnez, conseillère de Paris
André Gérin, député du Rhône
Arnaud Montebourg, député de la Saône-et-Loire
Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Loire
Jean-Pierre Brard, député de la Seine-Saint-Denis
Jean-Paul Bled, président des Cercles universitaires d'études et de recherches gauliennes
 
 

Gabon
 
Réaction aux propos d’un ministre français
Le Gabon a "marqué" vendredi sa "surprise" après les propos du secrétaire d'Etat français à la Coopération sur la nécessité de signer "l'acte de décès de la Françafrique", selon un communiqué du conseil des ministres. "De tels propos ne peuvent être mus que par l'ignorance des réalités de la coopération franco-africaine", note le communiqué.
La déclaration s'en prend aux propos de Jean-Marie Bockel, qui dans la présentation de ses voeux mardi à Paris avait exhorté le président Nicolas Sarkozy à ne plus "céder à un certain nombre de caprices (...) de demandes incohérentes de certains pays (africains) qui ont (...) une rente pétrolière qu'ils ne consacrent pas aux investissements qu'ils nous demandent de financer".

"Aussi le gouvernement gabonais marque-t-il sa surprise" que "soient véhiculés à un tel niveau de responsabilité des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l'aumône de la France", souligne le communiqué.

Le Gabon, pays producteur de pétrole où opère notamment le groupe français Total, "s'étonne", poursuit le texte, "de cette attitude d'autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs".

Le conseil des ministres était présidé par Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d'Etat africains, au pouvoir depuis 40 ans.

Le président gabonais, qui a connu tous les présidents de la Ve République française, est l'un des derniers symboles des relations particulières qui ont longtemps uni Paris et ses ex-colonies.

"Si la France estime que l'Afrique lui coûte cher, il lui revient souverainement d'en tirer les conclusions, sans être obligée de se justifier de façon aussi péremptoire. Car l'Afrique saura trouver assurément des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souverainté de ses Etats", précise encore le communiqué.

"Il conviendrait donc que les partisans d'une certaine rupture en France sachent rompre avec l'arrogance qui a souvent marqué leurs rapports avec l'Afrique", conclut le communiqué.

Le Gabon est un allié privilégié de la France en Afrique centrale, son influence ayant notamment servi à dénouer des crises survenues ces dernières années dans cette région. La France possède une base militaire à Libreville et M. Sarkozy était venu au Gabon en juillet, à l'occasion de son premier voyage en Afrique subsaharienne en tant que président français.

Publié le 18 janvier 2008. source afrique centrale info

Manifestation de solidarité aux sans-papiers devant le centre de rétention de Vincennes

AP - il y a 2 heures 36 minutes

PARIS - Une délégation de plusieurs dizaines d'artistes, d'élus et de militants de l'association RESF est venue manifester mardi sa solidarité avec les sans-papiers en rétention administrative, à quelques mètres du centre de Vincennes près de Paris, où sont retenus des personnes interpellées en situation irrégulière. Lire la suite »

 

 Secteur des SAP: Lettre de sensibilisation aux Sénatrices et Sénateurs

Lettre de sensibilisation

Lettre des organismes du secteur des Services à la Personne
aux Sénatrices et Sénateurs de la République

Organismes de Services à la Personne, dernier jour de signature de la lettre de sensibilisation aux Sénatrices et Sénateurs de la République. Cette lettre sera remise à chacun des sénateurs avant le vote au Sénat sur le PLF 2008.

Chaque voix est importante: signez la lettre de sensibilisation

 

François Bayrou a réprouvé jeudi le "ralliement en bonne et due forme" de Nicolas Sarkozy au "rêve américain", qualifiant le "sarkozysme" de "projet inégalitaire assumé", qui rappelle selon lui des Etats-Unis basés sur "un modèle d'inégalité croissante".
"Il ne faut pas confondre l'amitié avec le peuple américain avec l'adhésion au modèle de société américain, et encore moins avec l'adhésion à la politique de l'administration Bush.
Pour la France, le rapprochement avec l'administration Bush, c'est perdre une part importante de la force et de l'originalité de la diplomatie française.
Ce qui est frappant, c'est que le sarkozysme est en rupture avec les fondamentaux du projet républicain français, c'est-à-dire un modèle égalitaire".
Il a défini le "sarkozysme" par "un projet inégalitaire assumé, l'alignement sur les Etats-Unis en politique étrangère, et la concentration des pouvoirs.
Un jour, ce projet se trouvera en contradiction avec le pays".

A voir sur le site de F.Bayrou: clic:

http://www.uvme.biz/367096F

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Félicité VINCENT
Présidente Bezons  Avenir

J'ai 40 ans et 3 enfants et une petite fille de 6 mois. Je suis arrivée sur Bezons en 2003 (quartier du Plateau). Je suis dirigeante d'une société de services à la personne.

Je représente cette génération des "nouveaux arrivants" que Bezons attirent avec succès. J'ai décidé de mettre de l'énergie au service de la Commune, je vous invite à en faire autant avec vos moyens et au delà des clivages politiques.

Quel est le sens de mon engagement dans Bezons Avenir?

Après des années à Argenteuil, choisir Bezons n'est nullement dû au hasard. Ayant grandie à Argenteuil,  je voulais absolument retrouver ce cadre pour mes enfants. Bien située entre Colombes et La Défense, Bezons a su garder une ville bucolique qui me plaît tout et peut en bénéficier de la dynamique de La Défense.

La greffe a pris certes par le coté nature mais surtout par la qualité de l'accueil des Bezonaises et des Bezonais et le dynamisme de cette commune qui se bouge avec l’arrivé
du Tramways. La convivialité est un détail qui se vit : Arnaud Gilbert m’avait téléphoné à mon domicile, en voisin, très simplement, pour nous inviter à participer à  des réunions Modem-Bezons. Cela m'a marqué. Sans Oublier Philippe Lefebvre-Naré, d'Argenteuil, Françoise Inghalaëre, candidate Modem aux Législatives ; toute l'équipe MoDem en ordre de bataille comme un seul homme !

Des réalisations menées et l'engagement de la commune dans des projets structurants comme le Tramways T2, l'implantation de nouvelles entreprises, les rendez-vous de quartier, l'acquisition des terrains laissés par Alcatel et plus récemment le PLU : cela mérite beaucoup de réflexions et d’écoute !

Mouvement Démocrate : ni dogmes ni partis mais diversité et concertation


Il faut le redire clairement: la liste Bezons Avenir ne sera affiliée à aucun parti politique, elle sera composées d'hommes et de femmes d'horizons et de convictions diverses, elle comportera des Elus du groupe opposition actuel et des nouveaux élus.

Une liste Bezons Avenir ça ne veut pas dire que les Elus de la liste n'aient pas d'idées personnelles fortes voire d'autres engagements. C'est d'ailleurs de cette diversité d'idées qu'une telle liste puise sa force.

Une liste Bezons Avenir ce n'est pas non plus le " grand bazar " car l'équipe met en place un projet municipal et la manière de le conduire.
N'en déplaisent à ceux qui restent assis sur le clivage gauche-droite, l'action municipale est une question de bon sens et d'actions et non de dogmes et de lignes politiques dictées d'en haut. Notre équipe menée par Arnaud Gilbert travaille avec dynamisme et convictions.


Quels ont les 3 principes fondateurs de notre réflexion ?

3 valeurs simples sur lesquelles une commune a des moyens d'actions concrets :

·  Respecter et valoriser notre cadre de vie dans un objectif de développement durable

·  Savoir vivre ensemble et développer les solidarités

·  Développer l'esprit d'entreprise à tous les niveaux car sans création de valeur on ne fait rien

Que vous soyez des bezonais(se)s de souche ou d'adoption comme moi, je vous invite tous à vous impliquer concrètement dans Bezons Avenir pour l'avenir de Bezons.


Félicité Vincent
Présidente Bezons Avenir

24, ter rue du Val Notre Dame

95870 BEZONS

BEZONS a besoin de vous. Faites bouger la commune en adhérant à BEZONS AVENIR :

remplissez le formulaire de pré-adhésion ci-dessous
ou appelez au 06 99 94 20 39 

L'adhésion à Bezons Avenir est de 20 €


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Coordonnées BEZONS AVENIR
24 ter rue du Val Notre Dame

95870 BEZONS
Tel : 06 99 94 20 39

Email : vincentalice@aliceadsl.fr

Bezons Avenir est le comité de soutien de la liste MoDem qui représentera le groupe opposition actuel en vue des prochaines élections municipales 2008.


Les rôles de l'association :

1. Animer les groupes de réflexion pour bâtir le projet municipal 2008-2014

2. Composer la liste MoDem
3. Informer et fédérer les bezonais et bezonaises autour de cette liste et de son programme

4. Assurer le soutien logistique et l'animation de la campagne municipale 2008

Comme s'impliquer dans l'association ?

Il y a 3 niveaux d'implication possibles :

  •  soutien moral et financier
  • participer aux groupes de réflexion
  • participer au support logistique (tractage, préparation réunion, etc)

    Dans les 3 cas cela implique d'adhérer à Bezons Avenir et de respecter la charte de Membre.

    Tout bezonais, bezonaise ou toute personne intéressée par la Commune de Bezons peut adhérer.

    Les groupes de réflexions
    6 groupes de réflexion sont menés. Ces groupes sont composés d'Elus de la liste opposition Bezons Nouvelle voie, de postulants pour la liste 2008 et de membres actifs de l'association.
    Chaque groupe est piloté par un référent sur le sujet.
  • Groupe 1 : Social, emploi et économie
  • Groupe 2 : Sport et santé
  • Groupe 3 : Culture et vie locale
  • Groupe 4 : Urbanisme et environnement
  • Groupe 5 : Petite enfance et jeunesse
  • Groupe 6 : Sécurité, voirie et transport

    Les réunions de travail auront lieu dès Septembre 2007
    Bezons a besoin de vous. Faites bouger la commune en adhérant à BEZONS AVENIR :

    remplissez le formulaire de pré-adhésion ou appelez au 06 99 94 20 39 
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    Mesdames, Messieurs, Chers Parents,

     

    Je m’appelle Nolwenn VINCENT et j’ai 5 ans, et, j’habite Bezons. Je suis ‘’en dix capée’’ locomoteur depuis ma naissance suite à une erreur d’un Médecin à l’hôpital d’Argenteuil.

     

    La crèche municipale de la mairie de Bezons ne veut plus de moi à la rentrée scolaire 2007-2008, et l’école Maternelle Paul Langevin ne m’accepte pas toute la journée, parce que je ne peux pas marcher, pour le moment.

     

    La Mairie de Bezons fait des travaux à la cantine, donc il y aura transport des enfants à d’autres cantines.

     

    Je veux aller à l’école comme les autres enfants de mon âge !

     

    Je ne veux pas rester toute seule à la maison, car mes parents travaillent tous les deux. S’il y a un incendie qui me sauvera ?

     

    Le Maire de Bezons ne veux pas faire une dérogation, lisez le courrier ci-joint au verso. Les partenaires sociaux et médicaux sont tous d’accord pour que je sois scolarisée.

     

    Tous les adultes disent que ils ne trouvent pas de solution pour moi, or ma solution est simple, il me faut une  Auxiliaire vie scolaire pour m’aider. Je suis autonome, je mange seule, je parle, je peux circuler avec mon Motilot.

    J’ai besoin de votre soutien !

     

    Sincèrement,

     

    Merci, Mesdames, Messieurs, Chers parents.

    Nolwenn VINCENT

    24 ter, rue du Val Notre Dame

    95870 BEZONS

    06 99 94 20 39

    vincentnolwenn@aliceadsl.fr

    http://bezonsavenir.oldiblog.com

                                                                

    DISCOURS
    DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC,
    PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
    SUR LA POLITIQUE EN FAVEUR DES PERSONNES HANDICAPEES.

    PALAIS DE L'ELYSEE - MARDI 8 FEVRIER 2005.

    Monsieur le Premier ministre,
    Madame et Messieurs les Ministres,
    Monsieur le Président du Conseil national consultatif des personnes handicapées,
    Mesdames, Messieurs,

    Le Parlement vient d'adopter la loi pour l'égalité des droits et des chances, pour la participation et pour la citoyenneté des personnes handicapées.

    Je remercie d'abord toutes celles et tous ceux qui, aux côtés des pouvoirs publics, se sont mobilisés pour permettre ce progrès. Je salue tout particulièrement les membres du Conseil national consultatif des personnes handicapées et leur président, M. Jean-Marie SCHLERET, qui ont apporté à ce débat toute la force de leurs propositions innovantes, constructives, et responsables. Le mode d'élaboration de la loi a fourni une illustration de ce que doit être une véritable participation des personnes handicapées. Participation à la vie démocratique. Et cela va se poursuivre dans les semaines à venir avec la préparation des décrets d'application, décrets qui feront bien entendu l'objet d'une concertation approfondie avec les associations.

    Je veux également rendre hommage à la richesse et à la qualité des travaux parlementaires J'en félicite les ministres, Philippe DOUSTE-BLAZY et Marie-Anne MONTCHAMP, ainsi que les rapporteurs et les présidents de commission des deux assemblées, MM. CHOSSY, BLANC, DUBERNARD, ABOUT. De ce rendez-vous avec elle-même qu'a incarné le débat parlementaire, la société française est sortie grandie.


    En vous recevant aujourd'hui, en réunissant les principaux acteurs de la politique pour les personnes handicapées, les associations bien sûr mais aussi les responsables publics, notamment les recteurs, et les partenaires sociaux, les chefs d'entreprise, les représentants des secteurs du logement, des transports, de la culture ou des loisirs, j'ai voulu en appeler à la mobilisation de tous et renouveler solennellement l'engagement des pouvoirs publics pour les personnes handicapées. C'est de cette mobilisation, dont vous le savez, j'ai fait l'une des priorités de mon mandat, que je veux vous parler aujourd'hui.
    *
    * *
    Les droits et la citoyenneté des personnes handicapées abordent une étape décisive, après plusieurs décennies d'un combat certes long et difficile, mais qui a apporté, petit à petit, de profonds changements.

    Dans les esprits, d'abord. Même si les difficultés sont encore si fréquentes, même si des situations de détresse sont nombreuses et persistent, le regard que la société porte sur le handicap s'est petit à petit profondément transformé. Le temps est révolu où on le tenait enfermé dans le secret des familles, rejeté au fond des hospices et des institutions de charité. Le mur d'indifférence, et si souvent le mur d'égoïsme qui l'entourait, commence à tomber. Une longue expérience dans ce domaine, depuis plus de trente ans, m'a montré cette évolution, qui est, à mon avis, irréversible.

    Progressivement en effet, la société a pris conscience que le handicap concerne en fait chacun d'entre nous. Qu'il soit présent dès la naissance, qu'il survienne à la suite d'une maladie, d'un accident, accident de l'existence ou accident du travail, le handicap fait partie de la vie.


    L'un des mérites de la loi qui vient d'être votée est d'avoir enfin défini le handicap. De l'avoir défini dans toutes ses composantes : handicap physique, sensoriel, mental, cognitif, psychique. Mais surtout de l'avoir défini, non pas comme une déficience qui sépare et en quelque sorte qui exclut, mais comme des obstacles rencontrés dans la vie quotidienne et dans la participation à la vie sociale. Des obstacles douloureux pour celles et ceux qui les vivent et pour leur entourage mais des obstacles qui peuvent, en tout ou partie, être surmontés pour peu que l'on s'en donne les moyens.

    Notre droit, notre système de solidarité, la société tout entière se sont ainsi ouverts à la question du handicap.

    En 1975, le législateur a affirmé solennellement les droits des personnes handicapées. Il leur a garanti un minimum de ressources. Puis, des exigences ont été posées pour que les villes, les services publics, les commerces commencent à s'adapter. La loi de 1987 a permis de progresser sur le chemin de l'égalité par le travail, en faisant obligation à l'Etat et aux entreprises d'employer des personnes handicapées.

    Ces textes ont contribué à faire évoluer la société. Mais, à l'évidence, les besoins et les attentes demeurent immenses, appelant, de la part de tous, un surcroît naturel de solidarité.

    Le Gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN s'y est attaché dès son arrivée : depuis deux ans et demi, pour ne prendre que deux exemples, 60 places nouvelles sont créées chaque semaine dans les CAT et 100 places nouvelles sont créées chaque semaine dans les établissements et services médico-sociaux, pour les enfants et pour les adultes.


    Mais au-delà de l'urgence, ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est de faire du handicap, qui est une réalité de la vie, une réalité pleinement reconnue par la société. C'est de répondre à cette exigence fondamentale d'égalité des chances qui est l'honneur, mais aussi, l'ambition de notre République.

    Voilà l'objectif de la loi, le principe qui guide et doit guider l'action des pouvoirs publics. C'est pour cela qu'il fallait reconnaître le droit à compensation du handicap. C'est pour cela qu'il faut donner tout son sens à la citoyenneté des personnes handicapées, en leur donnant pleinement accès à toutes les dimensions de la vie sociale.

    Soyons fiers des progrès accomplis en une génération. Soyons conscients et déterminés face au chemin rude qu'il nous reste encore à parcourir. La loi n'est pas un point d'aboutissement, c'est une étape importante. Mobilisons nous pour accélérer ces évolutions qui sont porteuses de richesses pour toute la société.
    *
    * *
    Pour donner tout son sens à l'égalité des chances, il fallait d'abord instaurer un véritable droit à compensation du handicap, et pour cela il fallait revoir en profondeur notre protection sociale afin qu'elle réponde à ce risque de la vie qu'est le handicap.

    Ce risque ne ressemble à aucun autre. Les personnes handicapées doivent pouvoir y faire face sans être contraintes de puiser dans leurs ressources, qui sont d'ailleurs souvent faibles. Et au delà de la question du niveau d'allocation, chacun sent bien qu'il fallait changer d'approche, en passant d'une logique de prestations anonymes et uniformes à une logique d'accompagnement de la personne. C'est une nouvelle philosophie qui est à l'oeuvre, et qui place la personne handicapée au cœur du dispositif qui la soutient.

    Pour couvrir le risque du handicap, il faut, d'abord, l'évaluer et identifier les besoins qui en découlent. Il faut formuler et construire un projet de vie, à domicile ou en établissement. Il faut mettre en place toutes les réponses adaptées, pour en finir avec d'inacceptables solutions retenues par défaut, parce qu'il n'y a pas de place dans un établissement ou que l'accompagnement à domicile est insuffisant. Il faut prendre en considération les besoins et les dépenses de toute nature qu'entraîne le handicap dans l'environnement qui est celui de la personne handicapée: les aides humaines et techniques, les frais d'aménagement du logement ou du véhicule, les aides animalières, par exemple ou d'autres encore.

    C'est l'objet du droit à compensation. Cette nouvelle prestation sera mise en place avant la fin du premier semestre de cette année pour les personnes les plus lourdement handicapées et au 1er janvier 2006 pour toutes les autres.

    Deux mesures essentielles compléteront cette prise en compte des besoins de chacun : les personnes handicapées qui travaillent pourront accéder à une retraite anticipée à taux plein ; et celles que le handicap empêche de travailler disposeront de ressources revalorisées à hauteur de 80% du SMIC. Désormais, la différence sera clairement établie entre d'un côté, des ressources pour vivre et, de l'autre, la compensation financière des dépenses entraînées par le handicap.
    *
    Avec la création du droit à compensation, la politique pour les personnes handicapées quitte définitivement le champ de l'assistance pour entrer pleinement dans celui de la sécurité sociale. Il crée des droits et des sécurités nouvelles pour plusieurs millions de personnes déjà confrontées au handicap et à la perte d'autonomie ou qui devront y faire face dans l'avenir.


    Une nouvelle branche de la protection sociale va ainsi voir le jour. Elle sera gérée par la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, dont le Gouvernement a demandé à M. Denis PIVETEAU de préparer l'installation dans les trois mois.

    Cette Caisse se consacrera aux besoins de chaque personne handicapée et fera toute sa place à la participation de ses représentants. Tant dans sa gestion, qui impliquera étroitement les partenaires sociaux, les départements et bien entendu les associations, que dans son mode de fonctionnement, qui conciliera respect de l'égalité des droits et organisation au plus près du terrain.

    La prestation de compensation sera déterminée et attribuée dans le cadre des maisons départementales des personnes handicapées, qui seront de véritables guichets uniques pour elles et pour leur famille. C'est une équipe pluridisciplinaire qui évaluera les besoins et les aptitudes de la personne pour élaborer ensemble un plan personnalisé de compensation du handicap.

    Dans cette action d'accueil, d'information, d'orientation, d'accès aux droits, les départements seront les chefs de file. Ils sont les mieux placés pour rendre aux personnes handicapées un tel service de proximité. Je leur demande de se mobiliser pour mettre les maisons départementales en place dans les meilleurs délais. L'État, par la mise à disposition de tous les moyens qu'il consacre déjà à l'accueil, à l'évaluation et à l'orientation des personnes handicapées, s'engagera pleinement aux côtés des départements. Et la nouvelle caisse leur apportera tout l'appui technique nécessaire.

    Pour assurer le financement du droit à compensation et de l'aide aux personnes âgées dépendantes, le Parlement a institué une journée nationale de solidarité. Journée de travail supplémentaire qui va permettre de consacrer deux milliards d'euros de plus chaque année au handicap et à la dépendance.

    Ce choix s'inscrit dans les traditions de notre modèle social, dont l'essentiel des ressources a reposé, dès l'origine, sur le travail. C'est aussi un choix sage, car il garantit que chaque euro sera affecté à la nouvelle Caisse et consacré au handicap et à la dépendance.

    Ainsi, chacun d'entre nous, en quelques heures de travail, contribuera à faire franchir à notre protection sociale une étape majeure, une étape sans équivalent depuis la Libération.
    *
    * *
    Pour que le droit à compensation trouve toute sa mesure, pour que l'égalité des chances devienne une réalité, il faut faire en sorte que les personnes handicapées aient accès et puissent participer à toutes les dimensions de la vie sociale. Qu'elles puissent trouver toute leur place à l'école, qu'elles puissent occuper un emploi. Mais aussi que le cadre de vie soit, partout, adapté à leurs besoins.

    Dans chacun de ces domaines, la nouvelle loi et les mesures prises par le Gouvernement consacrent d'importants progrès. Elles fixent désormais partout des obligations de résultat.

    Cela commence à l'école. C'est là que tout se construit, la personnalité, le sentiment d'appartenance, le regard sur l'autre, la reconnaissance et l'acceptation des différences. C'est aussi là que s'acquiert le socle de connaissances indispensable à une pleine participation à la vie sociale. L'intégration scolaire est donc une priorité essentielle. L'an dernier, grâce à l'engagement de tous les personnels de l'Éducation nationale, à qui je veux rendre hommage à ce sujet, et aux mesures prises par le Gouvernement, 89.000 enfants ont été intégrés en milieu scolaire ordinaire. Ils n'étaient que 48.000 il y a deux ans. C'est un premier progrès.

    La loi va permettre de nouveaux progrès. Dès la rentrée prochaine, chaque enfant, chaque adolescent présentant un handicap pourra être inscrit dans l'établissement le plus proche de son domicile, qui constituera son établissement de référence.
    *
    L'emploi est également une dimension essentielle de l'épanouissement personnel. Pour faciliter le recrutement de personnes handicapées dans les entreprises comme dans la fonction publique, la loi de 1987 a posé de premières règles. Mais il faut maintenant franchir une nouvelle étape.

    Avec la nouvelle loi, les sanctions auxquelles s'exposent les employeurs qui ne satisfont pas aux obligations légales seront sensiblement renforcées. Surtout, la loi vient consacrer une nouvelle approche, plus incitative, en permettant de récompenser les efforts de recrutement. Les nouvelles règles d'aménagement du poste de travail faciliteront en outre l'accueil des personnes handicapées dans la communauté de travail. Et un fonds pour l'accessibilité, sur le modèle de l'AGEFIPH, sera mis en place dans la fonction publique. Je souhaite que les contrats d'avenir, qui seront proposés aux demandeurs d'emploi allocataires de minima sociaux, soient pleinement accessibles aux personnes handicapées.

    Les droits des personnes handicapées au travail vont également être renforcés. Pour leur permettre de progresser dans l'emploi, du CAT à l'entreprise adaptée puis à l'entreprise ordinaire, il est prévu qu'elles pourront retrouver leur environnement antérieur dans le cas où il y aurait difficulté. C'est en quelque sorte un droit au retour qui est institué. Les droits sociaux et les rémunérations de toutes les personnes qui travaillent en CAT seront améliorés. Toutes les personnes handicapées au travail seront mieux protégées contre les discriminations, avec la création de la Haute Autorité et la faculté, qui vient d'être donnée aux associations, de se constituer partie civile à l'appui de la plainte d'un salarié ou d'un candidat à l'emploi.

    Le Délégué interministériel aux personnes handicapées, M. Patrick GOHET, dont je veux saluer l'action, fera régulièrement rapport de l'évolution de l'emploi des personnes handicapées, notamment au sein de la fonction publique, et cela ministère par ministère.

    Je veux aussi dire aux chefs d'entreprise qu'ils ne doivent pas considérer l'embauche de personnes handicapées uniquement comme une obligation légale, mais comme une véritable opportunité à saisir, au profit de tous. Je veux leur dire que le versement d'une contribution financière n'épuise pas le champ de ce qu'ils peuvent faire en faveur de l'intégration des personnes handicapées. Que les entreprises ne doivent pas se priver de leurs talents, de leur richesse humaine, de cette formidable volonté et de cette énergie qui leur ont souvent permis de faire face et d'avancer dans la vie et qui peuvent être une richesse pour l'entreprise.

    Certes, accueillir un travailleur handicapé au sein d'un atelier ou d'une entreprise n'est pas toujours simple. Il faut repenser les modes de travail, l'aménagement des postes. Mais au final, l'expérience le prouve, chacun en sort gagnant. L'esprit d'équipe est renforcé, les conditions de travail sont meilleures pour tous. C'est ce dont témoignent, selon une étude récente, neuf chefs d'entreprise sur dix ayant fait appel à un salarié handicapé et qui ont exprimé leur satisfaction à la suite de leur choix.
    *
    Enfin, il fallait agir pour développer l'accessibilité de l'environnement domestique, social, urbain et se fixer en la matière des obligations de résultat. Les obstacles qui continuent de se dresser encore partout, il faut bien le dire, rendent très difficile la vie de bien des personnes handicapées. Ils exigent d'elles quotidiennement abnégation et parfois héroïsme.

    Alors, nous devons là aussi nous mobiliser. Rattraper notre retard, majeur, s'agissant des bâtiments publics. Toutes les préfectures de France seront aménagées dans l'année. Je souhaite aussi que les services publics: sécurité sociale, agences pour l'emploi, caisses d'allocations familiales, qui ont déjà accompli des efforts importants, c'est vrai, les renforcent encore : accessibilité des bâtiments, mais aussi accessibilité de l'information et des décisions, dans tous les domaines de leur action.

    Bien sûr, tout ne pourra pas se faire en un jour. Mais des obligations et des délais sont désormais fixés, qui seront respectés, sous peine de sanction. Dans un souci d'efficacité et pour répondre au mieux aux véritables besoins des personnes handicapées, je demande aux Préfets et aux Conseils départementaux consultatifs des personnes handicapées d'établir ensemble, dans chaque département, la liste indicative des besoins prioritaires en accessibilité dans les services et dans les bâtiments publics.

    Pour la mise aux normes de l'ensemble des établissements recevant du public et pour les transports collectifs, un délai maximum de dix ans a été fixé.

    Je sais que pour les personnes handicapées, sans cesse confrontées à cette situation où elles se voient interdites d'accès, dix ans, c'est bien long ! Je souhaite que l'essentiel du chemin soit fait bien avant, même s'il faut être conscient de l'importance des travaux à réaliser dans certains cas.

    C'est pourquoi tout sera fait pour faciliter la tâche des responsables concernés. Je pense aux aides financières et méthodologiques qui leur seront apportées. L'accessibilité sera du reste d'autant plus facile à assurer qu'on l'aura pleinement intégrée dans les programmes des écoles d'architecture et dans la conception des équipements.

    Un appartement, des bâtiments, des commerces de proximité, un espace public plus accessibles, ce n'est pas nécessairement des équipements supplémentaires. C'est tout un ensemble de choix d'organisation qui ne sont pas forcément plus coûteux, mais qui impliquent qu'on se soit posé les questions simples et qui comptent tellement dans la vie quotidienne des personnes handicapées, -qu'on se les soit posées avant. C'est une rampe d'escalier qui se prolonge jusqu'au bas de la dernière marche, pour éviter la chute des personnes aveugles ou malvoyantes. Ce sont des accès suffisamment larges. C'est limiter le nombre de marches à gravir, ou bien les doubler par un plan incliné. Ce sont des pictogrammes adaptés pour les personnes handicapées mentales. Ce sont des programmes télévisés sous-titrés et des annonces sonores dans les bus, et bien d'autres choses encore.

    D'une manière générale, au même titre qu'en une génération, la société française a su porter un nouveau regard sur le handicap, j'appelle chacun d'entre nous à intégrer la situation des personnes handicapées à l'occasion de chacune de ses décisions, au moment d'élaborer chacun de ses projets. J'appelle en premier lieu les élus, les responsables administratifs, toutes celles et tous ceux qui ont en charge l'avenir de nos compatriotes, la conduite de la Nation, à se poser à chaque instant, tout simplement, la question du handicap. Je demande au Gouvernement dans son ensemble de veiller à ce que cette question du handicap ne soit pas introduite dans la décision politique, comme tant de fois hélas dans le passé, par subsidiarité, par surcroît ou par raccroc. Le handicap doit désormais s'imposer comme un véritable réflexe dans l'action publique.

    Sachons nous mettre à la place des personnes handicapées. Sachons sortir de la peur et de l'ignorance par la connaissance et la formation sur le handicap, comme nous y invite, par exemple, l'initiative prise par Madame Julia KRISTEVA. Sachons comprendre et entendre les besoins des personnes handicapées. Sachons faire ces gestes et prendre ces décisions qui leur rendront accessible la Cité. Alors, nous aurons fait franchir une étape essentielle à notre solidarité et à notre société tout entière.
    *
    * *
    Mesdames et Messieurs, mes chers amis,

    Faire leur place aux personnes handicapées, c'est en effet permettre à l'ensemble de la société de progresser, en renforçant notre capacité à vivre ensemble.

    Dans un monde où la créativité et l'innovation seront chaque jour davantage les clés de la réussite, ce sont les sociétés les plus ouvertes, celles qui feront sa vraie place au principe d'humanité qui seront, en réalité, les plus performantes.

    La loi qui vient d'être adoptée n'est pas une loi d'assistance pour quelques uns. C'est un texte porteur de richesses et de progrès collectif. Il faut que les moyens nouveaux qu'elle nous donne rencontrent la mobilisation de tous.

    En apprenant à s'accepter telle qu'elle est, avec ses différences, avec les vulnérabilités que l'existence impose parfois, en pariant aussi sur tous les talents que dissimulent ou que font s'épanouir des faiblesses apparentes, notre société deviendra plus forte et plus équilibrée.

    Faire sa place au handicap, cela n'est pas si compliqué. C'est œuvrer pour soi-même autant que pour les autres. C'est vrai dans la vie quotidienne, où celles et ceux qui vivent aux côtés d'une personne handicapée ont souvent le sentiment de recevoir autant que de donner. C'est vrai aussi pour le dynamisme de notre société. Quantité d'innovations qui aujourd'hui profitent à tous, ont d'abord été conçues pour surmonter un handicap. Chacun connaît l'origine de la télécommande, mais les exemples sont nombreux.

    L'ouverture de la société aux personnes handicapées va aussi permettre de créer des emplois. Douze millions d'heures d'aide à la personne financées par la prestation de compensation, ce sont quelque 55 000 emplois à temps plein créés de ce fait. Et je me félicite que Madame Marie-Anne MONTCHAMP, à qui je veux rendre hommage pour son action, élabore en ce moment un plan pour garantir la formation, le recrutement et la professionnalisation des aidants.

    En devenant plus accueillante aux personnes handicapées, la société sera, en réalité, plus accueillante à tous. Aux personnes âgées, aux parents de très jeunes enfants, à toutes celles et à tous ceux qui ont des problèmes passagers de mobilité à la suite d'un accident ou d'une maladie. Pour eux aussi, faire ses courses ou prendre les transports en commun ne doit plus être une épreuve. Les bâtiments, les logements, les moyens de transport seront plus fonctionnels, les salles de cinéma et de spectacle plus confortables. Enfin, et peut-être surtout, le refus de l'isolement, de l'indifférence et de l'exclusion conférera à notre société, n'en doutez pas, un supplément d'âme dont chacun profitera.

    C'est pour cela que le combat pour la citoyenneté et la participation des personnes handicapées est un enjeu démocratique et républicain, et donc un enjeu qui nous concerne tous.

    A vous toutes et à vous tous, à toutes celles et à tous ceux qui nous auront rejoints dans ce combat, je donne rendez-vous dans un an pour faire le point, ensemble, sur la mise en œuvre de nos engagements respectifs.

    Je vous remercie.

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    Loi handicap, en dix caps pour l’emploi

    Le rapport Blanc consacré à "l’application concrète" de la loi Handicap du 11 février 2005 rend une conclusion mitigée de la mise en oeuvre de la réforme. De son côté le cabinet de conseil en stratégie, Boston Consulting Group, a réalisé une étude qui révèle les obstacles à l’embauche des personnes handicapées.

    La loi handicap en dix caps pour l’emploi :

    Je rappelle ici les grandes mesures de la loi de février 2005, mesures qui sont autant de caps vers l’emploi, destinées à favoriser l’insertion des handicapés dans notre société :

    1 - création de la MDPH : Maison départementale des personnes handicapées ;
    2 - création de la CDA "Commission des droits et de l’autonomie" (regroupement de deux anciennes commissions : la Cotorep et la CDES) ;
    3 - le plan personnalisé de compensation du handicap ;
    4 - création de la prestation de compensation (PCH) ;
    5 - accessibilité : les établissements recevant du public et les réseaux de transports collectifs ont un délai de dix ans pour se mettre en conformité ; 
    6 - financement : les entreprises qui ne respectent pas le quota d’embauches de personnes handicapées paient un tribut qui est collecté par l’Agefiph, agence qui l’utilisera pour aider les entreprise qui jouent le jeu ;
    7 - chien guide : la loi précise que l’accès aux transports, aux lieux publics, ou permettant une activité professionnelle ou formatrice « est autorisé aux chiens guides d’aveugle ou d’assistance ». La présence de ce chien aux côtés de la personne handicapée « ne doit pas entraîner de facturation supplémentaire » ;
    8 - scolarité : l’accès au monde scolaire normal et à ses diplômes, c’est la facilitation de l’insertion dans le monde du travail ordinaire. La loi prévoit un « parcours de formation » pour chaque enfant, adolescent et adulte handicapé ;
    9 - la prime exceptionnelle de retour à l’emploi ; 
    10 - et le dixième cap vers l’emploi n’existe pas ! C’est ma proposition : inclure les personnes handicapées désireuses de travailler dans le dispositif du RSA (Revenu de solidarité active).

    Le rapport Blanc :

    Non ! il ne s’agit pas d’un "livre blanc" sur l’emploi des handicapés, mais d’un rapport portant le nom du sénateur Paul Blanc, membre de la Commission des affaires sociales. Ce dernier reconnaît qu’une dynamique a bien été lancée, appuyée par des moyens considérables des collectivités locales, mais que "les mentalités changent lentement et le législateur doit rester vigilant pour ne pas décevoir les attentes suscitées". Le rapport, riche d’une centaine de pages, a été présenté le 3 juillet. Il passe en revue tous les grands volets de cette loi. L’auteur du rapport indique que si toutes les MDPH ont été installées rapidement par les Conseils généraux, leur fonctionnement laisse encore à désirer : des équipes débordées, un passif de 600 000 dossiers transmis par les anciennes Cotorep et CDES, seule la moitié des MDPH est gérée par un directeur à temps plein.

    Pour la PCH, il donne ce chiffre de fin 2006 : seules 11 500 prestations avaient attribuées, dont 7 700 effectivement versées. Un mauvais chiffre imputable aux lenteurs dans le traitement des dossiers et à la mauvaise information des personnes handicapées elles-mêmes qui souvent préfèrent conserver leur ancienne allocation (l’allocation compensatrice pour tierce personne) : une méfiance envers le nouveau système qui serait infondée selon Paul Blanc.

    L’enquête du Boston Consulting Group :

    Cette enquête a été menée auprès de cinq entreprises : La Poste, le groupe Caisses d’Epargne, Adia, Sodexho, monster.fr. Elle met en lumière trois obstacles principaux :

    -  la difficulté pour l’employeur de trouver des candidats, et spécialement des candidats qualifiés ;

    -  la difficulté d’identifier les postes sur lesquels les candidats handicapés pourraient être embauchés ;

    -  le délicat accompagnement du salarié dans l’entreprise.

    Le président Sarkozy, dans son élan de "rupture" avec son prédécesseur Jacques Chirac, semble avoir écarté les personnes handicapées de sa politique de valorisation du travail. Le projet de RSA de Martin Hirsch, revu et corrigé, n’a pas prévu de valorisation des revenus pour les bénéficiaires de l’AAH (Allocation adulte handicapé). Monsieur le président, c’est l’heure de faire preuve de "continuité" en favorisant les conditions qui peuvent permettre d’agir sur les trois points évoqués ci-dessus et en parachevant l’oeuvre de la loi Handicap !

    ---------------------------Nolwenn VINCENT-----------------------------

     Le sillon du MoDem : une vraie révolution citoyenne, si...

    Indépendamment de sa faiblesse parlementaire, le Mouvement démocrate incarnera une force au